Pourquoi faire des podcasts ou en faire faire pour enseigner les langues étrangères ?

Onair

Vous avez certainement déjà utilisé les podcasts de certaines radios pour entraîner vos apprenants à la compréhension orale. Mais pourquoi faire ou faire faire des podcasts pour enseigner les langues étrangères ?

En tant qu’enseignant, pourquoi faire des podcasts ?

Les activités de compréhension orale sont souvent impressionnantes et stressantes pour les apprenants. Ils ont tendance à être déstabilisés par l’exercice lui-même: un nombre très limité d’écoutes, un nouveau sujet, de nouvelles expressions, une ou plusieurs nouvelle(s) voix, des débits différents et peut-être même un ou des accent(s) différent(s). Tant de nouveautés ajoutés au manque de confiance en soi font de cet exercice nécessaire une épreuve éprouvante pour certains.

La solution pour résoudre ce problème sur le court terme est la production de podcasts par l’enseignant. Il peut choisir un sujet culturel, par exemple, le développer à l’écrit et s’enregistrer avec son smartphone. Pour cela, la simple application “dictaphone” suffit, mais s’il veut faire quelque chose de sophistiqué, il peut utiliser Garage Band sur son Mac ou Audacity sur son PC.

Une fois le podcast enregistré, il peut créer une série d’activités. Pour faire quelque chose de complet, il est préférable de respecter les trois parties suivantes: anticipation, compréhension globale et compréhension détaillée. S’il veut en profiter pour faire travailler d’autres compétences, il peut, par exemple, terminer le tout par une activité de production orale ou écrite.

S’il le souhaite, ses podcasts peuvent être diffusés sur un Soundcloud, sur son blog pédagogique ou sur des plateformes d’audioblogs comme Arte Radio.

Le fait que ce soit une production personnelle va forcément attirer l’attention de l’apprenant, de plus, la voix du professeur va le rassurer. En effet, il y est habitué et ne sera pas trop déstabilisé par son débit. Seuls les expressions et le thème seront neufs mais l’apprenant vivra mieux l’exercice.

Cette production par l’enseignant lui-même ne peut être que temporaire, en effet, son but est de rassurer au maximum l’apprenant avant qu’il fasse le grand saut vers d’autres podcasts didactisés ou vers des documents audios authentiques.

L’enseignant peut également se servir de podcasts pour lire des textes étudiés en cours. Le podcast peut servir d’exemple pour la prononciation, en particulier si la lecture ne se fait pas trop rapidement et si le professeur articule. Au début de son apprentissage, l’apprenant a besoin de comprendre les règles de prononciation, de les entendre appliquées et d’écouter la langue cible pour améliorer sa propre prononciation et se sentir à l’aise avec ses nouveaux phonèmes.

Quand il est plus à l’aise, l’apprenant peut commencer à produire ses propres podcasts.

Pourquoi et comment faire faire des podcasts ?

Faire faire des podcasts est un excellent moyen de rendre l’apprenant vraiment actif dans son apprentissage et ce, à tous les niveaux. C’est à l’enseignant d’adapter les consignes au niveau des apprenants.

L’approche basique:

L’enseignant propose des sujets et l’apprenant fait les recherches nécessaires, rédige un texte et après correction écrite et orale, l’enregistre.

L’approche sophistiquée:

Des apprenants peuvent travailler ensemble et copier des émissions audios. Ils peuvent par exemple faire des interviews, des jeux, des documentaires. Les jeux de rôles sont les bienvenues pour rendre l’activité ludique.

La création de podcasts permet de faire travailler plusieurs compétences en même temps: la compréhension écrite (au moment des recherches), la compréhension orale (si leurs sources sont des documents audios), la production écrite (au moment de la rédaction du script) et la production orale (au moment de l’enregistrement). Et en plus de tout cela, les apprenants découvrent des aspects culturels et peuvent développer leur esprit critique.

La cerise sur le gateau c’est de diffuser leurs podcasts sur une plateforme sur Internet. Ainsi, les apprenants peuvent les partager avec leurs proches et être fiers de leur travail. Et il y a de quoi être fier, ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve dans la peau d’un journaliste qui parle la langue cible !