Comment utiliser Internet de manière pertinente en classe de FLE ?

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Internet est une ressource riche qui fait partie du quotidien des apprenants. Il est fondamental de vivre avec son temps, en particulier dans l’apprentissage des langues. L’époque des cassettes, des CD et des DVD est bel et bien derrière nous. Il faut que les enseignants choisissent des supports consultables par tous, à tout moment, via les ordinateurs et les smartphones. Il est essentiel de suivre l’actualité et de proposer des activités variées et innovantes à partir de supports trouvés sur Internet. Cela permet de renforcer l’apprentissage et surtout de motiver l’apprenant. Mais comment utiliser Internet de manière pertinente en classe ? Voici quelques suggestions.

Internet, une source inépuisable de documents authentiques.

Internet est le meilleur ami de l’enseignant pour exploiter des supports variés : documents iconographiques, publicités, reportages courts, podcasts et toutes sortes de vidéo avec ou sans le son… Le choix des documents est le résultat de la prise en considération du profil et des intérêts des apprenants. Internet est sans cesse en mouvement, tout comme la société, tout comme la vie des apprenants. C’est cette mouvance perpétuelle qui doit s’inscrire dans une classe de langue vivante. Etudier des sujets incontournables pour les natifs peut être intéressant pour que ces derniers soient mieux compris par les apprenants. Des activités pour sensibiliser à l’interculturalité peuvent émaner de certains supports. L’apprenant ne doit plus se sentir « apprenant » mais un citoyen du monde.

Il est possible de traiter absolument tous les sujets avec des ressources d’Internet. On peut les utiliser bruts ou les adapter selon les besoins et le niveau du groupe classe. Par exemple, si vous voulez travailler les directions, vous pouvez utiliser les sites de cartographie. Si vous voulez travailler les heures, vous trouverez, sans aucun problème, les horaires d’un train ou d’un bus dans la ville de votre choix. C’est justement parce qu’Internet n’a pas de frontière que ses ressources sont richissimes pour faire “voyager” et faire étudier tous les pays francophones. Vous pouvez, par exemple, faire travailler les directions à Sally, ville touristique au Sénégal ou faire étudier les horaires d’une ligne de bus à Montréal. Ainsi, les apprenants peuvent bien avoir conscience de la diversité culturelle et géographique de la langue française.

Participer au web social :

Le web social est un excellent outil pour permettre aux apprenants de pratiquer la langue cible tout en se fondant dans la masse des natifs et c’est justement l’un des buts de leur apprentissage. Par exemple, s’ils mettent un commentaire sous un article sur le site d’un journal ou s’ils parlent de leur propre expérience pour contribuer à certains sites, ils ne sont plus des apprenants mais bel et bien des citoyens actifs qui n’ont pas peur d’utiliser la langue cible sur des sites lus par les natifs. Quelle performance et quelle fierté pour les étudiants qui ont réussi à contribuer de manière pertinente sur un site francophone connu mondialement !

Utiliser un blog pédagogique :

De nombreux enseignants ont déjà sauté le pas et ont crée leur propre blog pédagogique. Le but est de créer une plateforme qui réponde le plus que possible aux besoins et aux demandes des apprenants.

Un blog pédagogique peut avoir plusieurs onglets. Par exemple, il peut rassembler les éléments qui constituent les séances. Ça rassure les apprenants qui savent vers quel site aller quand ils ont un doute sur un point étudié. Le fait que ce soit leur professeur qui a rédigé le cours permet une meilleure compréhension. En effet, l’enseignant utilisera sur Internet les mêmes termes et peut-être les mêmes exemples que pendant la séance. Une référence écrite a tendance à renforcer l’apprentissage.

Par ailleurs, un blog pédagogique peut être une plateforme d’échanges entre l’enseignant et les apprenants, entre deux classes situées dans des pays différents, entre plusieurs professeurs de langue… Le ou les modérateurs doivent, bien sûr, s’assurer de la pertinence des contenus proposés.

Un blog est un outil qui se construit petit à petit. Le contenu y est conservé, peut y être mis à jour en quelques clics et il permet à l’enseignant de gagner du temps sur les parties théoriques. En revanche, il y aura toujours un effort de recherches de supports récents sur Internet pour éviter le côté obsolète que l’on trouve souvent dans les méthodes sous forme de livres, même si beaucoup d’entre elles essaient d’être a temporelles.

La classe inversée :

Internet peut être un outil intéressant dans le contexte d’une classe inversée. Ce sont les apprenants qui, chez eux, font les recherches sur un sujet donné pour, par la suite, « donner un cours » au groupe. C’est bien sûr, à l’enseignant de valider ce qui a été enseigné. Par exemple, ils peuvent faire des recherches sur une région, la Francophonie, des monuments, des célébrités… Ainsi, ils découvrent sur Internet des éléments qu’ils devront formuler en langue cible. Le résultat de ces recherches, une fois vérifiées, peut prendre plusieurs formes : article, vidéo, podcast… Toutes ces productions pourront être publiées et mises en valeur sur le blog pédagogique de la classe, par exemple. Tous ces supports vidéo, sonores et en ligne nous permettent d’observer une dématérialisation de la classe de langue.

Un geste pour l’environnement !

L’utilisation d’Internet, quand l’enseignant a un tableau numérique, projette ses supports ou branche son ordinateur à une télévision, permet d’économiser de nombreuses photocopies. En effet, si les apprenants ont la possibilité de retrouver les liens utilisés, ils n’ont plus besoin de support papier.

Internet peut et doit révolutionner la classe de langue. Le français est une langue vivante, on ne peut plus se permettre d’ignorer le monde extérieur et de s’enfermer uniquement dans des méthodes sous forme de manuels en papier. La variété des supports, le sur-mesure et l’action doivent être les maîtres-mots pour permettre à l’apprenant de se sentir actif dans son apprentissage et devenir citoyen du monde.

Review of the basics in French

Se présenter :

http://califrenchlife.com/2017/01/25/se-presenter/

 

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Ecoutez Delphine. Elle laisse un message sur le répondeur d’une émission de téléréalité française pour une présélection.

Script:

Bonjour. Je m’appelle Delphine Martin. J’ai 30 ans. Je suis française. J’habite à Paris. Je parle français, anglais et allemand. Je suis vendeuse dans un magasin de vêtements. J’adore sortir avec mes amis, rencontrer des gens et faire la fête. J’aime voyager. Je rêve d’aller en Australie. Je déteste regarder la télévision. Mon adresse mél : delphine.martin@hotmail.fr . Mon numéro de téléphone : 01 10 23 54 28. Au revoir et à bientôt, j’espère.

 

Et vous ?

 

Nom / prénom : épeler son nom

Age

Nationalité

Ville de résidence

Langues parlées

Activités

Profession

Adresse e-mail

Numéro de téléphone

 

Some basics about French pronunciation

 

Quel / quelle / quels / quelles

http://califrenchlife.com/2017/03/03/quel-quelles-quels-quelles/

 

Les verbes d’appréciation:

 

J’aime + infinitif / nom

J’aime danser.

J’aime le chocolat.

 

J’adore + infinitif / nom

J’adore faire du tennis.

J’adore les croissants.

 

Je n’aime pas + infinitif / nom

Je n’aime pas cuisiner.

Je n’aime pas les pistaches.

 

Je déteste + infinitif / nom

Je déteste lire.

Je déteste les livres.

 

Présentez cet homme : Inventez son identité.

 

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Nom / prénom : épeler son nom

Age

Nationalité

Ville de résidence

Langues parlées

Activités

Profession

Adresse e-mail

Numéro de téléphone

 

Alphabet : Comment ça s’écrit ?

 

http://califrenchlife.com/2017/02/09/lalphabet/

 

Les nombres : Quel est votre numéro de téléphone ?

 

https://youtu.be/41XBbC7zWPI

 

Les pays : Où vivez-vous ? Je vis aux Etats-Unis. / D’où venez-vous ? Je viens des Philippines.

 

http://califrenchlife.com/?s=les+pays+cours

 

Avoir / être : Quel âge avez-vous ?

 

http://califrenchlife.com/2016/01/19/etre-et-avoir/

 

Exercice avoir et être :

 

http://califrenchlife.com/2017/02/02/pratique-avoir-et-etre-au-present/

 

Négation :

 

http://califrenchlife.com/2016/01/19/la-negation-au-present/

 

Transformez ces phrases affirmatives en phrases négatives :

 

J’aime le poisson.

Je joue au piano.

Elles dansent tous les samedis.

Georges travaille tous les jours.

Nous mangeons au restaurant.

Vous voyagez en France.

 

Le présent des verbes régulier (-er) :

 

http://califrenchlife.com/2016/01/19/le-present-des-verbes-en-er-les-verbes-reguliers/

 

Conjuguez :

 

Travailler

Adorer

Voyager

Parler

Danser

 

Verbes irréguliers au présent :

 

http://califrenchlife.com/2016/04/12/le-present-quelques-verbes-irreguliers-courants/

 

Conjuguez :

 

Faire

Prendre

Aller

 

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Mon restaurant préféré s’appelle La Marine. Il est près de la Place Dauphine, à côté du théâtre. De votre lieu de travail, tourner à gauche, continuer tout droit et tourner à droite. Le restaurant est en face du parc.

 

Les prépositions de lieu :

 

http://califrenchlife.com/2016/04/28/les-prepositions-de-lieu/

 

Exercice sur les prépositions de lieu :

 

http://califrenchlife.com/2016/04/28/les-prepositions-et-le-mobilier/

 

Les directions : exercice

 

http://califrenchlife.com/2016/04/26/les-directions/

 

Provenance / destination : préposition

 

http://califrenchlife.com/2016/01/14/les-prepositions-pour-exprimer-la-provenance-et-la-destination/

 

Poser une question:

Poser une question cours

La famille:

Prononciation: la famille

Les adjectifs possessifs:

Les adjectifs possessifs cours

Le corps humain:

Le corps humain cours

Césaire / Senghor: L’oralité dans la littérature francophone

Comme nous sommes en mars, mois de la Francophonie, voici un article sur l’oralité dans la littérature francophone. Ce texte se base sur deux œuvres poétiques célèbres : Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire (1913-2008) et Ethiopiques de Léopold Sédar Senghor (1906-2001).

 

Un griot.

Un griot

Introduction :

 

L’oralité a donné une dimension exotique et innovante à la littérature francophone. Elle est un véritable outil pour donner toute son ampleur aux mots utilisés par ses auteurs. C’est la rencontre de deux mondes : le monde de l’oral qui transmet de manière sonore des mémoires, un patrimoine culturel et le monde de l’écrit classique. L’oralité a grandement contribué au développement de la littérature francophone. Elle a apporté un nouveau souffle, une nouvelle approche à la littérature de langue française et elle lui a ouvert de nouveaux horizons.

Pour développer le sujet de l’oralité, nous allons nous baser sur deux œuvres poétiques célèbres : Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire (1913-2008) et Ethiopiques de Léopold Sédar Senghor (1906-2001). Ces deux œuvres ont été choisies parce que leurs auteurs ont fortement contribué au rayonnement de la littérature francophone dans le monde entier. Césaire, auteur martiniquais et Senghor, auteur sénégalais se sont bien connus. Ils se sont rencontrés à Paris au Lycée Louis Legrand et suite à de longues discussions, ils se sont influencés dans de nombreux domaines. Césaire, lors d’une interview faite par Michel Field, a même affirmé qu’il a, grâce à Senghor, réussi à comprendre ses véritables origines en découvrant la noblesse de la culture africaine. En outre, ils ont tous les deux été de grands politiciens, de grands hommes de lettres et ils ont surtout été avec Damas, l’auteur dandy guyanais, deux des fondateurs du mouvement politique et du courant littéraire de la négritude. Ces deux hommes, qui n’étaient pourtant pas originaires de la Métropole, ont également marqué le patrimoine français. En effet, Léopold Sédar Senghor a été membre de l’Académie Française et Aimé Césaire a une plaque à son nom au Panthéon depuis 2011.

Dans leurs œuvres poétiques engagées, ces deux auteurs ont utilisé des techniques spécifiques et ont développé un style particulier, influencé par leurs véritables origines. Ainsi, on pourrait se demander, en se basant sur ces deux œuvres poétiques, comment l’oralité a contribué au développement des littératures francophones.

Dans une étude en trois parties, nous allons découvrir l’importance de l’oralité pour ces deux auteurs, leurs techniques pour donner un aspect oral à leurs textes écrits puis nous allons voir les effets de l’oralité sur la langue française. Mais avant cela, une présentation globale de ces deux œuvres s’impose afin de mieux comprendre leurs objectifs et le contexte dans lequel elles ont été écrites. Par la suite, je vais expliquer comment j’ai collecté les donnés pour réaliser cette étude.

 

Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire (1913-2008) :

 

Cahier d’un retour au pays natal est la première œuvre poétique publiée par Aimé Césaire. C’est un long poème original qui rompt avec les règles de la poésie classique qu’il maîtrise si bien. Il s’agit d’un long texte de 65 pages qui oscille entre l’écriture en vers et la prose. Il mélange les genres (le surréalisme et le chant incantatoire), joue avec la typographie, l’espace entre les phrases, la syntaxe, la longueur des phrases, la ponctuation, invente des mots et des expressions qu’il relie avec des tirets et marque ses mots de sa subjectivité. L’auteur est bel et bien présent tout au long de son texte rédigé entre 1936 et 1939. A cette époque-là, Césaire est de retour en Martinique, sa terre natale après des études supérieures à Paris. C’est à son retour sur l’île qu’il se rend réellement compte de l’influence néfaste du colonialisme français. Son poème exprime sa révolte et est le texte fondateur de la négritude.

Dans ce long poème, on peut distinguer trois parties distinctes qui représentent les étapes de sa réaction à son retour de la Metropole. Dans la première partie, Césaire fait une description désolante de son Ile. Dans la seconde partie, il se rend compte des aspects néfastes du colonialisme sur ses terres. Dans la dernière partie, il encourage ses « Frères » à réagir contre ceux-là et à changer le schéma dominants-dominés imposé par le colonialisme.

Le but de ce texte est de redonner ses lettres de noblesse à la culture créole, dont les racines sont dans la culture africaine, découverte par Césaire via son ami sénégalais rencontré à Paris,  Léopold Sédar Senghor. Il veut que les Martiniquais soient dignes et fiers de leurs origines et de leur couleur malgré l’oppression des colons européens et de leur culture. Il veut que les Martiniquais cessent de subir, qu’ils deviennent actifs pour retrouver leur réelle identité perdue. A travers ses mots, l’auteur vise les colons européens blancs racistes, il essaie, par conséquent de libérer son peuple d’une emprise culturelle néfaste, des coups de fouets donnés à son grand-père (ironiquement appelé « un très bon nègre »). Il pousse son peuple à se souvenir du passé pour renaître dans le présent et construire un meilleur avenir en accord avec ses valeurs originelles.

Son poème est particulièrement puissant et avant-gardiste pendant les années 30. En effet, à cette époque, la France est encore une puissance coloniale et la décolonisation des pays d’Afrique n’a pas encore commencé. Elle débutera réellement après le Seconde Guerre Mondiale et prendra fin avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.

 

Ethiopiques de Léopold Sédar Senghor (1906-2001) :

 

Ce recueil poétique est dans l’ouvrage Œuvre Poétique. Son titre, Ethiopiques vient du grec « aithiops », qui signifie « noir ». Il a été publié en 1956 pour s’inscrire dans le courant littéraire de la négritude. Ce n’est pas la première œuvre poétique de l’auteur. Il a écrit Chants d’Ombres en 1945 et Hosties Noires en 1948 que l’on peut trouver avant Ethiopiques dans Œuvre Poétique. Contrairement à ces dernières, Ethiopiques est une œuvre qui s’interroge moins sur une crise de civilisation, c’est une œuvre plus politique et autobiographique qui évoque, par exemple, l’érotisme de la femme blanche en référence à ses expériences personnelles.

On peut distinguer trois parties dans cette série de 22 poèmes. Les huit premiers poèmes évoquent son rapport à l’Afrique, même si l’un de ces poèmes est intitulé New-York. Dans ce dernier, il retrouve avec plaisir l’influence de l’Afrique dans le quartier de Harlem. Dans les six suivants intitulés « Epître à la Princesse » dédiés à la Marquise Josephine Daniel de Betteville, la grand-mère de sa seconde épouse, Colette Hubert, Senghor dialogue avec une bien-aimée lointaine qu’il décrit régulièrement avec des éléments qui font penser au froid, l’opposé de l’Afrique. Il s’agit d’une relation épistolaire sous la forme de poèmes. Elle est pleine de lyrisme, de nostalgie et de romantisme. Cette partie est le fruit de la passion de son peuple africain et d’une femme éloignée géographiquement, qui pourrait être une métaphore de son amour pour le continent européen. Cette relation représente un lien entre l’Europe et l’Afrique. La troisième partie s’intitule « D’autres chants », c’est une série de huit poèmes aux thèmes variés : amour, valeurs morales… qui reflètent les remises en question et les réflexions philosophiques de l’auteur. Cette œuvre est complexe parce qu’on a l’impression qu’il y a un manque d’unité entre les poèmes. Mais le fil conducteur d’une partie à l’autre est la complexité de son auteur : ses origines, ses influences, ses ambitions et son expérience personnelle multiculturelle.

Ethiopiques est une œuvre qui concentre des réflexions de Senghor cumulées pendant de nombreuses années, elle a été publiée quatre ans avant l’indépendance du Sénégal, pays où il deviendra le premier Président de la République en 1960.

  

L’apport de l’oralité dans le développement des littératures francophones. Etude basée sur Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire (1913-2008) et Ethiopiques de Léopold Sédar Senghor (1906-2001) :

 

« Seule le rythme provoque le court-circuit poétique et transmue le cuivre en or, la parole en verbe », citation de la postface de Ethiopiques intitulée : Comme les lamantins vont boire à la source. Grâce à cette citation, nous pouvons comprendre que l’oralité est précieuse aux yeux de Léopold Sédar Senghor et de Aimé Césaire, en effet, elle fait partie de la culture de leurs parents et de leurs ancêtres. Elle devait faire partie de leurs œuvres littéraires pour être fidèles à leurs véritables origines et pour s’exprimer en accord avec eux-mêmes. On pourrait se demander ce qu’a vraiment apporté l’oralité au développement des littératures francophones. Pour répondre à cette question, nous allons tout d’abord étudier l’importance de l’oralité pour ces auteurs. En deuxième partie, nous allons nous concentrer sur les techniques utilisées pour traduire cette oralité dans des textes écrits. Finalement, nous allons étudier les conséquences de cette oralité sur des écrits en langue française.

 

I) L’importance de l’oralité pour ces deux auteurs

 

L’oralité fait partie intégrante de la culture africaine. Pendant des générations et des générations, elle était le seul vecteur de transmission d’un patrimoine culturel : des contes, des poésies… Celui qui est chargé de cette transmission culturelle en Afrique est le griot. Il raconte de manière vivante des histoires parfois pleines de magie aux nouvelles générations. Il est invité aux grands événements familiaux et communique avec le public qui l’entoure. Il y a une interaction directe fondamentale pour que l’héritage culturel se transmette correctement d’une génération à l’autre. Le griot chante ses contes et histoires, il danse, il mime et il est souvent accompagné d’instruments de musique. Par exemple, le tam-tam est un des instruments de prédilection de l’oralité chez ces deux auteurs. Senghor fait toujours précédé ses poèmes des instruments qui accompagnent le narrateur. Des instruments typiquement africains : les kôras, les balafongs, les tabales sont notamment utilisés pour accompagner les poèmes Congo et L’Homme et la Bête. Mais des instruments de musique plus classiques comme la flûte, l’orgue ou d’autres issus du jazz peuvent aussi accompagner des poèmes qui traitent davantage de la culture occidentale. Un orchestre de jazz et un solo de trompette sont notamment impliqués dans A New York… Le jazz est un courant musical crée par les Noirs du sud des Etats-Unis. Ainsi, Senghor rassemble tous ses « Frères » noirs du monde entier. Les instruments dépendent du thème et de l’impression que l’auteur veut donner. Sans instruments, les poèmes perdent une partie de leur sens et de leur âme. Dans la postface du recueil de poèmes que nous étudions, Senghor explique que les « poètes nègres » de l’Anthologie sont avant tout des « auditifs ». Il donne l’exemple des poètes gymniques de son village qui écrivent dans un état de transe quand ils sont sous l’influence du tam-tam. Senghor affirme qu’il est d’abord inspiré par un rythme, puis il écrit ces poèmes sans jamais avoir de plan précis à l’avance. Il attache aussi beaucoup d’importance à la diction du poème. Il compare ses poèmes à une partition de jazz où tous les paramètres sont essentiels. Le crieur a tendance à insister sur l’accent final du verset. Il faut chanter le poème.

Aimé Césaire, même s’il est Martiniquais est aussi issu d’une culture de l’oralité, en effet, les ancêtres des Antillais viennent d’Afrique, la population locale est, par conséquent, familière avec ce procédé de transmission culturelle. L’oralité fait partie de l’enfance des deux auteurs qui regardent leur passé avec nostalgie dans Ethiopiques et Cahier d’un retour au pays natal. A l’époque du « Royaume de l’Enfance », pour citer Senghor, la culture africaine était plus pure et était peu influencée par les colons. Au moment où Césaire et Senghor ont crée le mouvement politique et le courant littéraire de la négritude, c’est à dire pendant les années 30, la culture des ancêtres était sur le point d’être oubliée par la population locale, si influencée et manipulée par la présence de la culture européenne.

C’est pour la figuration de la mémoire que ces deux auteurs, qui ont tour à tour le rôle de griot et le rôle de porte-parole d’un peuple, essaient de faire revivre la culture de leurs véritables origines et de rendre sa dignité à la population locale Noire, trop souvent traitée injustement ou comme des citoyens de seconde zone à cause de l’esclavage et de la colonisation.

Nous avons pu voir que l’oralité n’est pas qu’un style, en effet, elle représente bel et bien une partie de l’identité des auteurs et de toutes les populations qu’ils représentent.

Comme l’oralité est l’expression spontanée et authentique de la pensée, on pourrait se demander quelles techniques ces auteurs ont utilisé pour passer de l’oral à l’écrit.

 

II) Les techniques littéraires pour passer de l’oral à l’écrit

 

Pour donner les aspects vivants, colorés, authentiques et directs de l’oralité à un texte écrit, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire utilisent des techniques bien spécifiques.

Le rythme et la musicalité sont cruciaux dans ces poèmes pour que les auteurs atteignent leurs objectifs de revalorisation des populations Noires et de figuration de la mémoire. Ils maîtrisent de nombreuses figures de style. Ils jouent avec les sons et les répétitions en utilisant de nombreuses allitérations, assonances et anaphores. Ils jouent avec les épiphores, les prolepses (ils expriment des idées importantes à l’avance pour mieux réfuter les objections) et les analepses (les retours dans le temps).

Ils s’amusent avec les règles de ponctuation et la syntaxe française. La ponctuation dans l’œuvre de Césaire est particulièrement pauvre, tandis que Senghor ne respecte pas toujours ses règle; elle respecte des pauses respiratoires pour bien montrer l’oralité de son oeuvre.  Césaire crée des expressions construites avec une série de mots, reliés entre eux par des tirets. Ces derniers poussent le lecteur à avoir un certain rythme quand il lit ces expressions. Par exemple, « la danse il-est-bon-et-légitime-d’être-nègre ». Grâce à ce procédé créatif, il rend le message plus facile à retenir.

Dans la poésie des deux auteurs, le style est direct, c’est incontournable quand on veut imiter le style du griot. Le « je » est bel et bien présent pour montrer l’engagement du narrateur dans son combat contre les idéologies des colons. Il y a des questions directes, un émetteur et un ou des récepteurs. Nous reviendrons ultérieurement sur l’identité de ces récepteurs. En outre, les apostrophes, les interjections, les phrases exclamatives, les onomatopées font partie intégrale de leurs poésie : « Voum rooh oh », peut-on lire dans Cahier d’un retour au pays natal à plusieurs reprises et « Oho ! Congo oho ! », dans le poème Congo de Senghor.

Senghor utilise un procédé de nomination. Il joue avec les connotations du lecteur et donne ainsi une plus grande puissance au vocabulaire qu’il utilise. Césaire, quant à lui, utilise des néologismes comme « inattenduement » et joue avec la typographie, les espaces, les mises à la ligne pour que le message attire directement l’œil du lecteur.

La présence de répétitions, de parallélismes, de refrains montre l’aspect incantatoire, mystique et de rituel des poèmes. Dans l’œuvre de Césaire, les anaphores sont particulièrement présentes et leurs répétitions sont entêtantes. Dans Ethiopiques, Senghor utilise notamment l’animisme, qui est la croyance en une âme animant les êtres vivants, mais aussi les objets et les éléments naturels. Les deux auteurs sont véritablement des prophètes, des guides pour la population. Il y a un aspect liturgique dans leurs poèmes. On peut trouver des chants d’éloges comme Teddungal dans Etipopiques et des chants cérémoniaux. Les répétitions se font martellement comme s’il fallait retenir une leçon. Le lyrisme omniprésent et la présence de sentiments forts renforcent l’identification.

Nous avons vu que les auteurs maniaient avec précision les techniques littéraires pour rendre la transmission de leurs textes plus vivante et faire penser à l’oralité africaine qui leur est si chère.

On pourrait se demander quelles sont les conséquences de l’oralité et de toutes ces techniques sur la langue française.

 

III) Les conséquences de l’oralité en langue française

 

Tout d’abord, il faut savoir que Senghor et Césaire ont tous les deux dû faire face à des critiques parce qu’ils n’ont pas écrit directement dans leurs langues locales. Les Martiniquais voulaient que le texte poétique soit rédigé en créole et les Sénégalais voulaient que les poèmes soient écrits dans une des langues locales du pays. Mais le but des deux auteurs était bel et bien de s’exprimer en français. Ainsi, ils pouvaient également toucher l’élite de leurs pays et les Français. Ils avaient des choses à leur communiquer.

Toutes les techniques pour exprimer l’oralité, étudiées dans la seconde partie, montrent bien que ces deux auteurs maîtrisent parfaitement la langue française. Ils ont décidé de rompre avec les règles de la littérature classique pour mieux exprimer leur identité et pour faire passer leur message avec plus de conviction. Mais quand on observe l’effet donné à la langue française par ces auteurs, on se rend compte qu’il peut être perçu comme exotique par les lecteurs francophones. La forme des textes, leurs tournures, la puissance des syntagmes nominaux, le principe de nomination,  le vocabulaire parfois issu des langues locales ou d’autres langues vivantes ou mortes, rendent la langue française presque étrangère aux Français ! Mais Senghor adapte la ponctuation des poèmes, c’est à dire le rythme de ses phrases, pour les lecteurs français. Il explique dans la postface de Ethiopiques que le rythme d’origine peut également être préservé si ces textes sont lus en insistant sur l’accent majeur de chaque groupe nominal. Césaire, en plus du créole, utilise du vocabulaire d’Afrique et d’Amérique du Sud, par exemple, des mots d’origine portugaise et espagnole sont présents dans son texte poétique. Sans oublier que les deux auteurs, qui ont bénéficié d’études littéraires poussées à Paris, ont recours à des mots latins, grecs et font appel à du français archaïque. Breton disait à propos de Césaire : «  Un Noir qui manie la langue française comme il n’est pas aujourd’hui un Blanc pour la manier ». Cette citation prouve que l’auteur martiniquais et Senghor étaient des génies d’un point de vue linguistique. Ils ont mélangé les cultures et le vocabulaire d’origine étrangère pour créer un métissage culturel dans le but de montrer au monde qu’il n’y a pas de culture supérieur et que la culture Africaine, berceau de la culture antillaise, est tout aussi importante que la culture gréco-latine et occidentale. Ils appellent aussi au respect de toutes les races : «… je ne suis pas différent, ne faites pas attention à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brûlé », dans Cahier d’un retour au pays natal.

Nous avons pu remarquer que Césaire et Senghor ont utilisé la langue française comme une arme pour redonner ses lettres de noblesse aux cultures indigènes et aux populations locales des territoires colonisés par les Français. Leur objectif est de convaincre que toutes les cultures et toutes les races du monde sont sur un même pied d’égalité.

 

Conclusion :

 

A travers ces trois parties, nous avons pu voir que l’oralité a su donner de la couleur, de la vie, du rythme et un métissage culturel sans précédent à la littérature francophone. Les techniques littéraires de ces deux auteurs servent leurs messages de négritude. Leurs poèmes ont un aspect incantatoire qui doit servir à la transmission de valeurs et d’idées qui leur sont précieuses : retrouver et faire découvrir la culture des Noirs ; faire retrouver une dignité aux populations indigènes victimes des colons ; démontrer à l’univers que le métissage culturel est une force et qu’il n’y a pas de culture supérieure. Leurs poèmes sont bel et bien contre le racisme, le colonialisme et pour l’égalité des Hommes. La langue française leur permet de se faire entendre plus universellement et de communiquer plus facilement avec le colonisateur, responsable de la crise d’identité des populations indigènes. Ils jouent avec la langue de Molière pour donner à leurs poèmes un aspect auditif sans précédent à la littérature de langue française. Leurs textes doivent être lus comme des partitions et interprétés avec une diction spécifique pour donner au lecteur blanc un peu du rythme de parole du griot, pour que le lecteur européen devienne interprète de ces nouveaux sons venus de loin. Ces deux auteurs attendent des efforts de la part de leurs « Frères » noirs mais aussi des autres populations pour vivre dans un monde meilleur, plus égalitaire, dans le respect de tous les êtres humains, peu importe leur race. Dans la postface d’Ethiopiques, Senghor écrit : « Il m’a donc suffi de nommer les choses, les éléments de mon univers enfantin pour prophétiser la Cité de demain qui renaîtra des cendres de l’ancienne, ce qui est la mission du Poète ». Mais chaque mot est encore plus puissant et prend véritablement tout son sens quand il est dit en rythme.

 

Bibliographie et sources électroniques :

 

BAUMGARDT U. et UGOCHUKWU F., 1 juin 2005, Approches littéraire de l’oralité africaine, Paris, Editions Karthala.

 

BELOUALI, Saïda. In Semen. Senghor : Habiter l’interparole [en ligne], Semen revues. 2004, [consulté le 1mai 2015], disponible sur : http://semen.revues.org/2243

 

CATHERINE-SAINT Elizabeth, Oralité et figuration de la mémoire chez Césaire, Chamoiseau et Monémembo, Université de Victoria, Canada.

 

CESAIRE A., 1983, Cahier d’un retour au Pays Natal. Paris, Présence Africaine.

 

CHEVRIER J., 2004, De la culture orale à la production écrite : littératures africaines, Besançon, PUFC.

 

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GALLAY, Anne-Lise. In Academia. Le style de Senghor : La cas d’Ethiopiques [en ligne], Academia, 15 mai 2015 [consulté le 15 mai 2015], disponible sur : http://www.academia.edu/9619109/Le_style_de_Senghor_le_cas_dEthiopiques

 

JOUANNY R., Septembre 1997, Ethiopiques : Analyse littéraire de l’œuvre, coll Profil-Senghor, Paris, Hatier.

 

PERRIN, Véronique. In Itinéraires humanistes. Lecture analytique : Cahier d’un retour au pays natal [en ligne], Itinéraires humanistes, 4 mars 2014, [consulté le 10 mai 2015], disponible sur : http://www.itineraireshumanistes.org/?p=877

 

PIRIOU,Marine. In La Plume Francophone. Cahier d’un retour au pays natal ou la formation dialectique du je césairien [en ligne], la-plume-francophone, 4 novembre 2007,[consulté le 2 mai 2015], disponible sur http://la-plume-francophone.com/2007/11/04/aime-cesaire-cahier-dun-retour-au-pays-natal/

 

SENGHOR SEDAR Léopold. 15 octobre 1990. Œuvre Poétique, Ethiopiques. Points Essais, Paris, Editions du Seuil.

 

 

Pourquoi est-ce nécessaire d’enseigner une langue étrangère en langue cible ?

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Il existe différentes tendances quant à l’enseignement des langues étrangères. Utiliser la langue maternelle dans l’enseignement d’une langue étrangère peut sembler confortable pour tout le monde.

1)        Pour le professeur parce qu’il est sûr que tout le monde comprend ce qu’il enseigne.

2)        Pour les étudiants qui ne se sentent pas entièrement perdus.

Utiliser ponctuellement la langue maternelle pendant les premières heures de cours peut être utile pour poser certaines bases : expliquer la prononciation, les termes des consignes des activités, la terminologie grammaticale et pour rassurer les étudiants les plus anxieux. Mais il est essentiel de les habituer rapidement à être baigné principalement et même uniquement dans la langue cible. En effet, l’immersion pendant le cours de langue a de nombreux avantages.

–              Le premier avantage est que l’étudiant est en situation de communication authentique. Il n’est pas nécessaire de voyager dans le pays où la langue cible est parlée pour vivre les plaisirs et les dangers de la communication en langue cible.

–              L’unique emploi de la langue étrangère permet de développer des stratégies de communication utiles pour se débrouiller dans la vraie vie.

–              L’étudiant prend son cours de langue plus au sérieux parce que ce dernier est stimulant. La langue étrangère peut même représenter un nouveau défi et les étudiants les plus ambitieux feront de leur mieux pour faire des progrès rapidement.

–              Un autre avantage de l’immersion pendant le cours de langue est de donner aux étudiants la chance de faire de réels progrès rapidement. Le cerveau de l’étudiant DOIT penser en langue cible pour comprendre ce qu’il se passe et pour réagir et inter réagir de manière pertinente.

–              C’est le seul moyen de devenir indépendant. En effet, la langue maternelle est une bouée dont il faut rapidement se débarrasser pour pouvoir « nager » seul, tout simplement parce que se débrouiller seul est le but de chaque apprentissage d’une langue étrangère.

Certains manuels d’anglais en France utilisent le français pour les consignes et pour certains exercices. C’est également le cas de certains manuels de langues étrangères aux Etats-Unis. Dans ces derniers, la langue maternelle est omniprésente, ce qui est plutôt négatif parce que cela donne l’illusion aux étudiants que la langue étrangère est presque secondaire par rapport à leur langue maternelle: l’anglais, lingua franca dans le monde. Alors que le but de l’apprentissage est de s’ouvrir à une autre langue, à une autre culture et on ne peut pas le faire de manière efficace si on garde constamment un pied dans sa propre langue.

Utiliser la langue maternelle dans l’apprentissage d’une langue étrangère peut être un véritable parasite :

–              Ça crée des interférences donc l’étudiant fait plus d’erreurs qu’il n’en aurait fait sans cette référence à sa propre langue.

–              La langue maternelle empêche la progression linguistique, culturelle, cognitive et psychologique de l’apprenant.

–              Elle empêche l’étudiant d’avoir l’illusion de devenir autre et de se sentir comme un locuteur natif.

–              Elle fait faire une gymnastique intellectuelle de vas et viens entre les codes linguistiques qui est inutile, perturbante et entièrement artificielle.

Cependant, très ponctuellement, il est judicieux de rester en contact avec la langue maternelle, en effet, cela permet de faire des comparaisons interlinguistiques et interculturelles et de faire le point pour mieux se rendre compte des différences. Ces conclusions tirées pendant l’apprentissage sont nécessaires pour avancer linguistiquement et devenir plus ouvert d’esprit.

Mais quand on n’est pas en train de faire des comparaisons pour se rendre compte d’éléments pertinents, la langue maternelle fait tout simplement perdre du temps à tout le monde et laisse une porte ouverte à l’étudiant pour utiliser sa propre langue et cette situation peut facilement échapper au contrôle de l’enseignant . Cela ne rend absolument pas service à l’apprenant qui doit se préparer à gérer des situations de communication authentiques pour être opérationnel dans la vraie vie.

Par conséquent, pour mieux former les apprenants à des situations réelles, il est fondamental d’enseigner une langue étrangère en langue cible.

Une comparaison des systèmes universitaires français et américain

Merci à Elizabeth Schetina pour sa nouvelle collaboration. Dans cet article, cette Américaine compare les systèmes universitaires français et américain. Quelles sont leurs plus grandes différences? Quels sont leurs points communs? C’est ce que nous allons découvrir.

Étudiant

Les universités en France et aux Etats-Unis ont le même but, l’éducation des jeunes et leur préparation pour le monde du travail et de la citoyenneté. Mais, les deux systèmes sont très différents. Même s’ils ont des problèmes en commun, la vie des étudiants en France est tellement différente de celle des étudiants américains.

D’abord, les universités françaises laissent entrer n’importe quel bachelier. Au contraire, c’est plus difficile d’être admis à l’université américaine, et beaucoup de jeunes qui veulent y aller ne sont pas admis. Mais les grandes universités publiques aux Etats-Unis ont un problème en commun avec les universités françaises, les salles de classe sont si pleines que des étudiants doivent être debout pendant la classe. Dans les petites universités américaines, il y a des cours avec moins d’étudiants parfois seulement une dizaine. Mais ces universités sont privées et très très chères.

De plus, dans les deux systèmes, il y a des attentes différentes pour les étudiants. Vraiment, il y a un grand contraste entre la vie scolaire dans les deux pays. En France, l’expérience est vraiment comme une course. Il n’y a pas de place pour les expériences personnelles. Les étudiants doivent faire leurs études et rien que leurs études. Aux Etats-Unis, les étudiants ont beaucoup de soutien pour faire autre chose. Ils peuvent travailler, faire des pauses pendant leurs études et ils ont l’opportunité de faire du sport sur leur campus. Les parents attendent que l’université prenne le relais dans l’éducation de leurs enfants alors qu’en France, c’est le moment où les étudiants deviennent adultes.

Finalement, le système français est beaucoup plus strict. D’un côté, c’est positif parce que les cours sont très rigoureux et ont un très haut niveau intellectuel, d’un autre côté, c’est négatif parce que les étudiants français reçoivent beaucoup de critiques et c’est très difficile de recevoir de bonnes notes. Aux États-Unis, les étudiants reçoivent beaucoup de bonnes notes et les critiques sont toujours positives et d’un grand encouragement. Peut-être que le niveau d’études est un peu plus bas, mais les profs et les étudiants forment une seule et même équipe. Alors qu’en France, les étudiants sont toujours des “éclaireurs solitaires”*.

Ainsi, il y a des différences entre les universités françaises et américaines, même si elles ont le même objectif. Mais il existe un grand point commun, ni les étudiants français ni les étudiants américains qui finissent leurs études à l’université sont prêts pour la vie active. Que ces diplômés soient français ou américains, ils auront tous des difficultés pour trouver un boulot!

* Expression de Stephen Clarke dans Français, je vous Haime.

Rédaction: Elizabeth Schetina

Le Tour de France

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Le Tour de France est une course cycliste prestigieuse qui rythme les étés en France. Elle est connue pour traverser les paysages français et ceux de ses pays limitrophes. Le parcours change chaque année. La tradition est que la course se termine sur les Champs-Elysées à Paris. Les cyclistes viennent du monde entier pour participer à cette course mythique qui existe depuis plus de 100 ans.

 

Chaque jour représente une étape. Il existe différents maillots.

  • Le maillot vert est pour le coureur qui a le plus de points, collectés lors de sprints.
  • Le maillot à pois rouges est celui du meilleur grimpeur.
  • Le maillot blanc est celui du meilleur jeune coureur (celui-ci doit avoir moins de 25 ans).
  • Celui qui gagne une étape gagne le maillot jaune. Ce dernier est le plus prisé parce qu’il sera celui du vainqueur du Tour de France.

Malgré des contrôles drastiques, la course mythique a souvent été entachée par des scandales dus au dopage. Par exemple, en 2012, Lance Armstrong, le célèbre coureur cycliste américain a perdu les titres des 7 Tours de France de son palmarès et a été radié à vie de la compétition sportive parce qu’il a été prouvé qu’il avait utilisé des produits dopants lors des différentes courses.

Bien que ces sombres histoires planent sur le Tour de France, les Français apprécient toujours assister à la course ou la suivre à la télévision.

Une caravane permet au public de se mettre dans une ambiance festive et d’attraper des cadeaux offerts par les sponsors avant le passage éclair des cyclistes.

Enfin, cette course est importante pour les Français parce qu’elle marque le début de la période estivale et des grandes vacances scolaires.

Cette année , c’est la 104ème édition du Tour de France. La course commencera en Allemagne, à Düsseldorf, le 1er juillet, et finira le dimanche 23 juillet sur les Champs-Elysée, comme le veut la tradition.

 

Explication des mots en gras :

Une course cycliste = une course de vélo

Des pays limitrophes = des pays situés de l’autre côté de la frontière du pays

Sillonner = traverser

Des contrôles drastiques= des contrôles sérieux et renforcés

Etre radié = être définitivement exclu

Assister = être présent et regarder (la course, dans ce contexte)

Une caravane = le défilé des sponsors

(Le passage) éclair = le passage rapide

Estival (adjectif) = d’été

Le système éducatif français:

Le système éducatif français présente des différences avec le système éducatif américain.

Tout d’abord, l’école est obligatoire de 6 à 16 ans. Puis, les programmes de l’enseignement sont nationaux, c’est à dire que toutes les sections similaires ont le même programme partout dans le pays, dans le secteur public et dans le secteur privé.

Les écoles publiques sont gratuites et sont fréquentées par 80% de la population scolarisée ; les écoles privées sont payantes, elles ne sont pas forcément religieuses et sont fréquentées par 20% des jeunes.

Les enfants vont dans les écoles publiques près de chez eux. Une carte géographique des écoles doit être respectée.

L’enseignement à la maison est autorisé mais la plupart des jeunes se déplacent à l’école.

Voici un tableau qui montre le parcours général classique d’un jeune en France :

Ecole maternelle (non-obligatoire) de 3 à 6 ans
1ère année
2ème année
3ème année
Ecole primaire de 6 à 11 ans (pour tous)
Cours préparatoire
Cours élémentaire 1ère année
Cours élémentaire 2ème année
Cours moyen 1ère année
Cours moyen 2ème année
Collège de 12 à 15 ans (pour tous)
6ème
5ème
4ème
                                                               3ème   / Diplôme : Brevet des collèges
Lycée de 15 à 18 ans
Seconde générale
Première dans une filière spécialisée
Terminale dans une filière spécialisée / Diplôme : Baccalauréat
Université
Licence 1
Licence 2
Licence 3
Master 1
Master 2
Doctorat
Doctorat
Doctorat

Il faut savoir que les universités ne sont pas aussi onéreuses qu’aux Etats-Unis. Les frais d’inscription varient selon le diplôme préparé (entre 180 euros et 300 euros par année en moyenne). Chaque étudiant qui a réussi le baccalauréat peut y entrer sans problème.

Explication des mots en gras :

 Tout d’abord= premièrement

Fréquenter une école = être étudiant dans une école.

Une filière = une spécialisation

Onéreux/ onéreuse = cher / chère

Les frais d’inscription = le prix des droits d’inscription

Faire du shopping en France

Faire les courses en France:

Cet article a pour but de vous guider quand vous êtes en France. En effet, il existe quelques différences culturelles qu’il vaut mieux maîtriser pour mieux acheter dans l’Hexagone.

 Le camion-épicerie :

 Certains villages de campagne n’ont pas du tout de commerce donc un camion épicerie vient tous les jours ou plusieurs fois par semaine pour subvenir aux besoins des habitants qui ne peuvent pas se déplacer dans les villes ou dans les supermarchés. Ce camion épicerie fait l’objet d’un film appelé Le fils de l’épicier. Les personnes qui n’ont pas de voiture et qui sont souvent âgées, attendent la venue du camion tous les jours. Grâce à lui, non seulement, elles peuvent s’approvisionner, mais surtout, elles peuvent avoir une vie sociale. En effet, tous les voisins se rejoignent et ont des conversations aux alentours du camion au moment des courses.

Camion_epicerie

La supérette :

 C’est une petite épicerie qui dépanne bien dans les villages de campagne et dans les citadins. Dans les villes, elles sont ouvertes très tard et l’on peut y acheter tout ce qui nous manque. Elles sont souvent ouvertes le dimanche, ce qui n’est pas le cas des autres commerces en France. Seul bémol : le prix des produits y est plus élevé qu’ailleurs. Les enseignes connues sont : Carrefour City, 8 à Huit, Shopi, Petit Casino…

Les supermarchés :

 En France, ils sont comme vous les connaissez. Ils sont situés dans les villes et en-dehors des agglomérations. Les enseignes connues sont: Super U, Intermarché, Simply Market…

Les hypermarchés :

Ils sont une invention française. Ceux qui habitent près d’une grande ville ou qui ont une voiture peuvent aller dans un hypermarché. C’est beaucoup plus grand qu’un supermarché traditionnel et on y trouve absolument tout. Ils ont souvent leurs propres boulangers et pâtissiers sur place. Et ils sont ouverts jusqu’à 21 heures en semaine. Les enseignes connues sont : Auchan, Carrefour, Géant, Cora.

Le marché :

Les amateurs de produits frais sont heureux d’aller au marché avec leur panier. Ils sont dans les petites et les grandes villes une à plusieurs fois par semaine. Ce qui est intéressant, c’est qu’on trouve vraiment de tout dans les marchés, pas uniquement des produits frais locaux. En effet, on peut y acheter des vêtements, des outils, des nappes, des cosmétiques, des posters, des bijoux en toc

Attention, en général, en France, les magasins sont fermés le dimanche.

Actuellement, la loi Macron fait polémique dans le pays. En effet, ce ministre de l’économie français voudrait que les magasins soient ouverts le dimanche dans les zones touristiques et tous les soirs jusqu’à minuit, mais les employés et leurs syndicats ne sont pas toujours du même avis que lui. Affaire à suivre

Alors, en attendant, pensez à faire toutes vos courses du lundi au samedi quand vous êtes en France.

 Explication des mots en gras :

L’Hexagone = la France (c’est une référence à sa forme géométrique sur la carte du monde)

Subvenir aux besoins de = venir en aide de

S’approvisionner = obtenir des aliments

Dépanner = aider

Seul bémol = seul problème

Une enseigne = marque d’une maison de commerce

Une agglomération = une ville

Un panier = des Français utilisent un panier (pas un sac) pour transporter les produits du marché.

En toc = qui n’a pas de grande valeur financière.

Faire polémique = créer un débat parfois agressif

Affaire à suivre = sujet à suivre dans les médias dans le futur

 

 

La langue française dans le monde

La langue française : un passeport pour de nombreux pays dans le monde

Quand on décide d’apprendre le français, on a tendance à croire que l’on va se concentrer sur du vocabulaire, de la grammaire et on a tendance à oublier qu’une langue est aussi un sésame pour découvrir une culture, même des cultures dans le cas de la langue française.

Lors des premiers cours de français, on apprend à saluer, à prendre congé mais on apprend aussi les gestes associés aux mots bonjour et au revoir.

Exemples : Faire la bise fait partie du quotidien des Français dans leur vie personnelle tandis que faire une accolade (un « hug ») est quelque chose qui peut les embarrasser.

Ceci n’est qu’un petit exemple de ce que vous allez apprendre d’un point de vue socio-culturel.

Mais la langue française, ce n’est pas seulement la France. C’est aussi une partie de ses territoires limitrophes :

  • Le Luxembourg
  • La Belgique
  • La Suisse
  • Monaco

Mais savez-vous que le français est aussi la langue officielle dans d’autres pays beaucoup plus éloignés des frontières métropolitaines de la France?

Voici la liste des pays où le français est l’unique langue officielle :

Bénin, Burkina Faso, République du Congo, Côte d’Ivoire, France métropolitaine et outre-mer, Gabon, Guinée, Mali, Monaco, Niger, Sénégal, Togo.

  • Tous ces pays ont le français comme langue officielle à cause du passé de colonisateur de la France et de la Belgique.

Attention, le français est encore parlé dans de nombreux autres pays mais il a d’autres statuts linguistiques que le statut de langue officielle.

Comme la langue anglaise, le français est parlé sur tous les continents de la planète.

A retenir :

En apprenant le français, vous allez découvrir des cultures variées mais aussi quelques différences linguistiques géographiques : des accents, des différences de vocabulaire…

Par conséquent, je vous souhaite un bon apprentissage, mais aussi un bon voyage !

 

 

 

Explication des mots en gras :

Un sésame = une clé

Prendre congé = dire au revoir

Un territoire limitrophe = un pays voisin

Métropolitain (adjectif) = qui concerne uiquement les territoires européens de la France

Un statut linguistique = une position linguistique

Outre-mer = une zone géographique située au delà d’un océan, d’une mer

francophone (adjectif) = qui parle français

5 conseils pour améliorer votre niveau en langue étrangère :

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1) Etre en contact avec la langue cible le plus souvent possible :

–       Regardez la télévision du pays concerné.

Exemple: TV5 Monde est une excellente chaîne de télévision qui est un bouquet des meilleures émissions francophones.

–       Ecoutez la radio

–       Intéressez-vous à la culture du pays en découvrant des livres,  des chansons, des films, des séries TV en VO (version originale).

Astuces: Vous pouvez trouver la plupart de vos séries préférées doublées en français sur Netflix, ainsi que des films en VO. Amazon Prime propose également des films en  version originale sous-titrée.

Si vous ne voulez pas utiliser de sous-titres, regardez d’abord les films avec les sous-titres en langue cible, si possible, puis lancez-vous en VO à 100%. Vous allez de toute façon comprendre quelque chose, les images aident beaucoup. Ou regardez le film dans votre langue maternelle, puis regardez le même film en langue cible, dans ce cas, vous connaissez déjà l’intrigue, vous allez pouvoir vous concentrer sur les mots et expressions utilisées par les acteurs. Plus vous allez écouter la langue cible, mieux vous allez la comprendre. Ne baissez pas les bras tout de suite, accrochez-vous ! Vos efforts seront forcément récompensés.

–       Vérifiez la signification des mots que vous découvrez, faites des listes de vocabulaire ou commencez un répertoire pour tout mémoriser par la suite.

–       Lire la presse : c’est un très bon exercice ! Vous lisez les articles qui vous intéressent, et en même temps, vous découvrez du vocabulaire utile tous les jours.

– Rédigez un journal en français.

2) Appliquez les règles de grammaire que vous connaissez. Ne faites pas d’impasses. Par exemple, tous les temps d’une langue sont utiles, essayez de les appliquer, écoutez-vous parler et autocorrigez-vous si vous remarquez une erreur. N’hésitez pas à poser des questions à votre interlocuteur natif pour vérifier la justesse grammaticale de vos propos.

3) Faites attention à votre prononciation. Vous pouvez garder votre accent, mais une bonne prononciation est cruciale pour une bonne communication.

Vous pouvez vérifiez la prononciation d’un mot quand vous utilisez des dictionnaires en ligne, par exemple : wordreference.com. Ou si vous avez étudié la phonétique, vous pouvez la vérifier en utilisant un  dictionnaire, elle est marquée à côté du mot, en général.

4) Ecoutez bien votre interlocuteur : les expressions qu’il/elle utilise, sa prononciation, vous allez apprendre beaucoup de choses.

5) Développez une vie sociale en langue cible : N’AYEZ PAS PEUR DE PARLER, LANCEZ-VOUS ! En effet, le ridicule ne tue pas et de toute façon, vous avez toujours le bon rôle parce que vous, au moins, vous faites un effort intellectuel pour communiquer dans une autre langue que votre langue maternelle.

Plus vous parlez, plus vous allez être à l’aise.

Si vous êtes timide, vous pouvez d’abord vous lancer dans une communication écrite : courriers électroniques, chats. Ainsi, vous avez le temps de vérifier le vocabulaire et la grammaire.

Lire et écrire en langue cible sont des exercices primordiaux. Ces deux pratiques vous apportent des connaissances et des savoir-faire complémentaires.

Parler une autre langue est forcément une mise en danger, mais le jeu en vaut la chandelle parce que si la communication passe, vous allez vivre des moments magiques et vous allez être fier de vous ! La maîtrise d’une langue étrangère vous ouvrira des portes d’un point de vue social, culturel et professionnel et peut changer le cours de votre vie !

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